Sábado, Junho 21


ITINÉRAIRE DE JEAN BRICARD, Sortie le 22 octobre 2008

On arrive à l’île Coton, là où j’ai passé mon jeune âge. On habitait à la Basse-Pierre. II y avait un port à la Basse-Pierre. C’était le port de Basse-Pierre mais ça remonte à plusieurs siècles.

Il y avait un entrepôt de céréales et de vin. La Butte de la Pierre était plantée à 90 % de vigne, le vin était transporté par bateau. Parce que l’hiver il y avait les bateaux, mais quand l’été il n’y avait pas assez d’eau pour rejoindre une rive ou l’autre, on passait à pied sur un gué, comme vous en avez à Oudon, à Saint-Florent. Plusieurs comme ça en biais. Les gués faisaient en général entre 2 à 3 km de long.

II y en avait un qui passait à la Basse-Pierre et qui venait du château d’Ancenis. Ils ont été démolis en partie pour le chenal. Moi j’ai connu le gué, puisqu’on l’a démoli.

Vous voyez, j’habite en face. Cette année, il y avait 40 cm d’eau dans la maison. Alors vous aviez des pieds d’osiers qui, pendant la guerre 43-44, permettaient de se cacher dedans pour éviter d’être pris par les Allemands. En 44, l’année où mon oncle s’est fait piquer. Si mon oncle a été fusillé, c’est parce que pendant 3 semaines on a eu les Américains à Ancenis. C’est la Loire qui faisait la frontière, et puis les Allemands, ici côté rive gauche. Donc, ce qui fait que cela a été dur. Il y a eu des gens qui ont été pris au passage de la Loire en bateau, parce que la nuit ils passaient en barque pour retrouver les Américains.

Justement on va aller voir la croix. Christophe, c’est le voisin qui n’a pas de boulot lui, alors il vient me donner un coup de main.

On va voir la cabane pour se mettre à I’abri quand il tombe vraiment de l’eau. Quand on avait une heure ou deux, il s’agissait de travailler autour de la ferme, mais dès qu’il y avait possibilité de partir une journée, au moins une demijournée, on venait à l’île. C’est là-dedans que je me suis fait bouffer le doigt par les rats. Alors ils m’avaient bouffé le doigt pendant que j’étais à dormir.